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    Mairie Yaoundé V

 

MINEFOP

Ministère de l'Emploi et de la Formation Professionnelle

 

MINAS

Ministère des Affaires Sociales

 

 

MINJEUN

Ministère de la Jeunesse

 

MINPROFF

Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille

 

MINPMEASA

Ministère des Petites et Moyennes Entreprises, de l'Artisanat...

 

MINADER

Ministère de l'Agriculture et du Développement Rural

 

MINEIA

Ministère de l'Elevage et de l'Industrie Animale

   

Depuis la fin des années 90, la pauvreté et ses corollaires menacent la qualité et le cadre de vie des populations , détournant du développement les ressources rares, décourageant les investissements, troublant l’ordre publique, anéantissant le capital social des victimes, freinant le développement, ruinant les espoirs des jeunes générations et créant un sentiment paralysant d’insécurité, de doute et de redoute au sein de la communauté.
 

Les victimes majeures de cette situation sont principalement les couches les plus vulnérable que sont les femmes et les jeunes à risques à cause de :
 

  •  La faiblesse de l’encadrement familial (démission des parents ou du mari dans les familles démunies, les familles monoparentales, les familles pauvres et même dans certaines familles nanties, conflits intra-familiaux (mésentente, incompatibilité d’humeurs, séparation des parents suivi ou non de remariage, abandons, orphelinnage…)

  • L’exclusion sociale (due au chômage, à la déscolarisation, à la pauvreté)

  • La rupture du lien social dans des quartiers (absence de solidarité, individualisme,…

  • La faiblesse de l’offre d’emploi et l’instabilité des revenus,

  • L’inadaptation de certaines formations aux réalités locales et la non spécialisation dans les petits métiers pourtant porteurs et moins capitalistique,

  • La tolérance des pratiques répréhensibles ( absence ou abandon de normes de régulation de comportements nouveaux liés aux nouvelles formes de « débrouillardise » : homosexualité, exercice du métier de gigolo, prostitution, …)

  •  L’ insuffisance de structures d’accueil et de réinsertion sociale

  • Les causes situationnelles se rapportant à l’acculturation ou à la modernisation mal maîtrisée ;

  • La recherche des moyens de subsistance (pauvreté extrême des familles, insuffisance des revenus,…) ;
     

De nombreux constats révèlent que les jeunes, en raison de leur immaturité physique sont, très souvent exposés à divers risques, qui menacent leur existence. Ils sont de ce fait considérés comme l‘un des groupes vulnérables et également indexés comme majoritairement auteurs d’actes de délinquance et de violence qui engendrent le sentiment de peur et d ‘insécurité.
 

Ces actes juvéniles condamnables ainsi perpétués s’expliquent par des causes multiples et interrelationnelles, et dont le point commun réside à la fois, dans le manque d’occupation des jeunes et leur désocialisation.
 

Il conviendrait de rappeler que la notion de jeunes en situation difficile englobe :

  • Les « jeunes délinquants » auteurs de nombreux actes criminels et délictuels mais appréhendés comme stigmatisants au regard de la nécessité de préserver l‘intérêt supérieur de l’enfant.
     

  • Les jeunes à risque, notion englobante qui désigne les catégories des jeunes qui conditionnés par leur environnement anormal, présentent le risque imminent de commettre un acte, en violation des normes établis par la société, en raison de leur condition de vie particulièrement difficile et précaire. Ils constituent ainsi le groupe des inadaptés sociaux, réduits à la débrouillardise comme unique moyen de survie et d’expression et par conséquent, exposé au risque de basculer dans la délinquance

Les jeunes à risque peuvent être reparti en plusieurs catégories que sont :
 

  • Les jeunes en conflit on en difficulté avec la loi ;
     

  • Les jeunes désœuvrés ou réduits l’insécurité ;
     

  • Les jeunes de la rue ou à la rue ;
     

  • Les jeunes travaillant dans la rue ;
     

  • Les jeunes déscolarisés ou en dangers moral ;
     

  • Les jeunes exposés à la violence ;
     

  • Les jeunes victimes d’abus et de maltraitance (exploitation économique, esclavage, pédophilie …….) ;
     

  • Les jeunes victimes de prostitution ;
     

  • Les jeunes pères ou mères sans moyens adéquats ;
     

  • Les jeunes victimes de conflits intra familiaux
     

Le problème qui se pose est de définir des stratégies qui doivent permettre de penser et de définir autrement les mesures destinées à protéger durablement les femmes et les jeunes en situation difficile des dangers qui leur guette, par des solutions adaptées à chaque cas (parce que les causes de leur malheur ne sont pas identiques ou isolées ), afin de réduire a leur égard le phénomène de victimisation tout en assurant leur développement personnel et celui de la société toute entière.
 

L‘objectif étant d‘assurer l’intégration socioprofessionnelle de ces femmes et jeunes, au moyen d‘une politique multisectorielle de formation professionnelle, de réinsertion et de prise en charge au cas par cas pour les prémunir de la délinquance ou des sentiments de revanche, source de tension, tout en leur procurant la protection que nécessite leur état. Les femmes et les jeunes qui constituent la tranche la plus importante de la population, sont une ressource très mal ou très peu mise en valeur.
 

Au regard de ce qui précède, nos actions doivent situer les préoccupations des femmes et des jeunes comme l’un des axes majeurs de notre politique de lutte contre la pauvreté, en tenant compte des spécificités dans la résolution des problèmes y afférents .
 

Sur le plan éducatif et social, nous devons continuer:

  • de soutenir l‘éducation qui est le meilleur moyen de promotion du développement des valeurs essentielles au progrès durable. Ils doivent guider nos politiques dans le but de réduire la déscolarisation en corrigeant les disparités et en sensibilisant sur l’importance du dialogue, de la coopération et de la tolérance entre les peuples
     

  • d‘engager en concertation avec d‘autres partenaires, les actions vivant à définir les mesures de protection spéciale à prendre pour chaque catégorie de jeunes en situation difficile. Les mesures tendant au renforcement de le réinsertion sociale des jeunes ou à l’amélioration du cadre et des conditions de vie des jeunes en danger moral, adoptés doivent trouver une accélération dans sa mise en œuvre.
     

  • pour le cas des jeunes désœuvrés ou réduits à l’oisiveté, à encourager les initiatives qui incitent les jeunes diplômés au chômage à l‘autocréation de l‘emploi ou celles qui suscitent chez ces derniers, le développement des talents inventifs. Les initiatives de placements doivent également être boostées.

  • de réduire la masse de jeunes inoccupés qui constituent le lit où se recrutent les délinquants potentiels, en appuyant et accompagnant ces jeunes dans le domaine de l’auto emploi, … afin de renforcer leurs capacités.

  • à renforcer les actes d‘animation et de sensibilisation pour le développement des talents créatifs susceptibles de susciter en eux l‘espoir d‘un avenir digne voire exceptionnel.

  • à lutter pour l‘intérêt supérieur de l‘enfant, de la femme considérée comme pilier de la famille en poursuivant les objectifs de renforcement des actions relatives à la parenté responsable

  • de voir comment, par une approche participative complémentaire, inciter l’ensemble des acteurs locaux à prendre en compte ou à s‘approprier la question de la réinsertion sociale des femmes et des jeunes parmi ses priorités comme moyen de prévention de la délinquance féminine et juvénile.

Au regard de ces stratégies sectorielles qui sont loin d‘être exhaustives, plusieurs objectifs spécifiques correspondant aux différentes situations difficiles où à risque identifiées peuvent être :

  • L’offre d‘un cadre d’expression aux jeunes pour mieux connaître leur difficultés et les impliquer dans la gestion de leurs problèmes ( exemple : centre d‘écoute de Messa créé par le MINAS et des partenaires
     

  • La conscientisation des jeunes sur les méfaits de l’alcoolisme, de la drogue et d‘autres stupéfiants comme catalyseurs de la violence ;

  • l’offre aux jeunes de la rue ou à la rue, d’autres alternatives d’insertion sociale qui leur garantissent un avenir digne ;

  • L‘éducation des jeunes aux valeurs morales de citoyenneté universelle( promotion des valeurs universelles tel que l’affection, le dialogue, la responsabilité, …) ;

  • La promotion de la resocialisation des jeunes, notamment dans les cas de conflits familiaux ( renforcement du rôle de la famille traditionnelle comme premier cadre d’accueil et de socialisation des jeunes,

  • L‘offre d‘une assistance spécifique durable aux jeunes victimes de maltraitance et d’abus divers ( jeunes exploités, prostitués,…) ;

  • La promotion de l‘appui à la resocialisation des jeunes en conflit avec la loi (jeunes de prisons, jeunes sortant de prison …) ;

  • La promotion de la solidarité au niveau local par l‘appui de tous les acteurs de proximité concernés pour la consolidation d’une culture d’unité dans la diversité ;

  • La création de structures d’accueil accompagnée de mesures de prise en charge sanitaire, alimentaire et éducative ;

  • La revalorisation des petits métiers porteurs et à basse intensité capitalistique et la formation professionnelle gratuite à ces métiers ;

  • L’appui/accompagnement aux jeunes via l’octroi de bourses aux meilleurs jeunes étudiants dépourvus, le placement des jeunes formés dans les structures crédibles et le développement de l’auto emploi ;

  • La facilitation du retour des jeunes nouvellement poussés ou arrivés à la rue dans leur unité habituelle de vie.

En effet, dans le contexte africain, l’enfant ou le jeune ou la femme, n‘est pas toujours admis dans les instances où seuls siègent les adultes, et souvent par sexe, en raison de son immaturité ou de sa vulnérabilité.

Perspective compréhensible et compatible avec la conception stratifiée et hiérarchisée de la famille et de la société africaine qui a pour inconvénient majeur, de freiner dans le contexte actuel de modernité, le développement intellectuel de l‘enfant ou de la femme, lequel peut se ressentir durant son évolution, sur l‘adulte qu’il (elle) deviendra ou sur l’adulte qu’il (elle) est.

Contexte qui, conjugué à la pauvreté, accroît au quotidien l’importance de la couche des jeunes(filles et garçons) en situation difficile dont la prise en charge doit être ciblée suivant leur situation individuelle.

Pour le cas des jeunes qui vivent déjà depuis longtemps dans la rue, et qui ont rompus tous les liens sociaux, leur retrait immédiat de ce milieu choisi risque de diminuer les chances de réinsertion de ces derniers qui se sont déjà approprié la rue comme seul cadre de vie. Ici, nos actions doivent consister à développer des petits métiers compatibles avec leurs milieux d’affaires tels que, le portage dans les marchés ou gares, le lavage des voitures dans les garderies, la surveillance des boutiques, … moyennant une meilleure organisation sociale.

Les jeunes victimes de prostitution sont généralement des jeunes filles mères ou analphabètes, issues des migrations rurales, ignorant quelque peu les difficultés citadines, sans relation familiale certaine se retrouvant face à elles-mêmes dans des conditions de vie précaires et d‘extrême pauvreté et qui, fragilisées et diminuées, choisissent d’user de la prostitution comme seul moyen de survie ou de contacts parfois malheureux.
 


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